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 Impact sanitaire

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KLOUG
Fakir
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Dim 5 Fév 2012 - 10:44

Bonjour
J'avais vu cet artile relayé par les blogs sur Fukushima (gen4 notamment).
Ce sont des témoignages de gens impactés par la catastrophe.
Il y a des éléments que nous avons évoqué dans le document de synthèse I du Cirkus (voir page d'accueil du site)
Le document II tarde (vraiment) à sortir car les relecteurs ont du s'endormir dessus !
Si on veut reprendre l'histoire des accidents nucléaires beaucoup sont soviétiques, d'autres américains (avant 1960 + TMI). Les Japonais en ont deux récents (Tokai-Mura 1999 accident de crticité et Mihama 2004 mort de cinq personnes et sept blessés).
L'article de M. Jobin en fait mention :
Ce fut le cas, par exemple, lors de l’accident de criticité (5) survenu à la centrale de Tokaimura en 1999, qui irradia gravement trois ouvriers entraînant la mort de deux d’entre eux en quelques mois et dans d’atroces souffrances (6), et à celle de Mihama en 2004 (7), marquée par la mort de cinq ouvriers, tous des sous-traitants.

On pourrait reparler aussi du poids de la culture au japon de l'impossibilité de prendre une décision, de référer absolument au hiérarchique et une certaine forme de dissimulation.
On voit bien que TEPCO ne dit pas tout (pour faire un brin d'humour).

Tout ça pour dire que l'article est assez juste même s'il y a deux ou trois éléments discutables :
549 d’entre eux ont subi une contamination interne supérieure à 20 mSv, ce qui est déjà très préoccupant pour ces personnes.
Pas plus que si c'était en externe. En l'article ne dit pas à quel niveau (21 mSv ou 250 mSv ?)

Le premier cas est celui, posthume, en 1991, de M. K., mort d’une leucémie à 31 ans, après avoir accumulé une dose totale de 40 mSv pour des interventions à Fukushima Daiichi entre novembre 1978 et septembre 1980 ; la maladie s’était déclenchée dès 1982. Sa famille a déposé une demande de reconnaissance en maladie professionnelle après sa mort en 1988 (10).
Toute la difficulté est bien de démontrer que la pathologie est due aux rayonnemnts ionisants.
Statisitiquement je dirai qu'à ce niveau de dose c'est peu probable. Mais la sensibilité individuelle, des effets multiplicatifs (et là il faudrait connaître le mode de vie de cette personne, fumait-il par exemple ?) fait que cela n'est pas à écarter.

L’étude a trouvé une augmentation significative de la mortalité pour un type de leucémie, mais a estimé que pour les autres formes de cancer, il n’y avait pas de différence avec le reste de la population.
Ce qui serait intéressant pour se prononcer ce serait d'avoir le chiffre d'excès.
Le centre international de recherche sur le cancer (CIRC) basé à Lyon a fait une étude épidémiologique sur la population européenne des travailleurs du nucléaire et a indiqué qu'il y avait une augmentation de 1 à 2 % sur la fréquence d'apparition des cancers et pas que les leucémies d'ailleurs (qui se situe dans les pays européens à une fréquence "naturelle" de 29 %).

Nous aurons probablement d'autres éléments à découvrir avec le temps sur l'accident de Fukushima.
La difficulté va être de suivre tout ça sur une longue période.
A bientôt
KLOUG
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krolik
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Mar 7 Fév 2012 - 1:25

Pour une liste pratiquement exhaustive des accidents nucléaires / radiologiques dans le monde entier, je vous conseille le site du gars Johnston :
http://www.johnstonsarchive.net/nuclear/radevents/index.html , les usines militaires, les sous-marins, le civil, l'industriel, attentats, médicaux..
@+
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jsp
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Jeu 9 Fév 2012 - 21:15

http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20120206p2a00m0na013000c.html
Kyushu men sent to Fukushima nuke plant under falsified labor deals
As efforts to tame the crisis at the Fukushima No. 1 nuclear plant continue, laborers from as far as Kyushu have been dispatched there under illegal labor deals and forced to work inside at least one of the crippled plant's highly contaminated reactor buildings.
A man in his 40s from Nagasaki Prefecture recently related how he carried lead sheets weighing some 20 kilograms each up as high as the sixth floor of one building. A Geiger counter dangling from his neck sounded noisily and his mask misted over as temperatures climbed above 30 degrees Celsius.
"I was really angry because I was treated like a slave," Yosuke Nakayama, a pseudonym, said of his some 40 days at the Fukushima plant, starting in July last year.
The lead sheets were installed inside the plant's No. 1 reactor building to block radiation. Nakayama, however, was not angry about the hard work, but about the treatment he received upon returning home to Nagasaki.
He said he was paid 11,000 yen per day he worked for a company six layers down in a seven-layer outsourcing pyramid, with only the top-tier firm receiving orders directly from plant operator Tokyo Electric Power Co. He had been promised 14,000 yen per day, and had also been assured he would not have to enter the reactor buildings.
When Nakayama demanded an explanation for the 3,000 yen difference, his subcontractor mentioned the name of a Fukuoka-based crime syndicate.

la suite sur le lien
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KLOUG
Fakir
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Ven 10 Fév 2012 - 8:36

Bonjour
Des effets de la prise d'iode chez les travailleurs de Fukushima
TEPCO released some more information regarding the Potassium Iodide pills that were handed out after the Fukushima Daiichi nuclear disaster. This week Japanese newspapers released information showing that over 17,500 pills had been provided to 2,000 workers, even though many more workers were on-site and there were an additional 12,500 pills available in on-site storage.

While the average worker received 20 tablets in total, some cases required extra pills to be provided in certain cases. At least one worker had taken over 85 tablets.

However after testing 229 workers that had taken over 20 tablets, Hiroshi Kikuchi reported to the Office of Nuclear Safety that some of the workers between the age of 20 and 30 and shown thyroid hormone levels that were lower than normal.

Source: Yomiuri ( http://www.yomiuri.co.jp/feature/20110316-866921/news/20120207-OYT1T01085.htm en japonais)
http://enformable.com/2012/02/workers-at-fukushima-daiichi-suffered-side-effects-after-taking-potassium-iodide/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=workers-at-fukushima-daiichi-suffered-side-effects-after-taking-potassium-iodide (en anglais)

KLOUG

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azymuth
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Mar 14 Fév 2012 - 11:01

Je ne sais si ces mesures de http://www.acro.eu.org/ ont déjà été publiée ici ( elles datent de fin octobre) mais, je cite" Pour la première fois, nous avons trouvé une contamination des urines d’un enfant de Tokyo. Cela provient très probablement de l’alimentation"
Voir le dernier tableau en bas de page.

"Certains de ces enfants vivent dans les habitations où l’on a contrôlé les sacs d’aspirateur. Mais il ne semble pas y avoir de corrélation claire entre la contamination des poussières et des urines. Cela nous conduit à pointer du doigt la nourriture comme principal mode de contamination interne des enfants." Les urines les plus contaminées sont à Ichinoseki dans la province d’Iwaté à presque 200 km de la centrale accidentée."
Voir l'avant dernier tableau.

Lorsque nous étions à Tokyo jusque fin juillet, la provenance de notre alimentation était variée( nous avons bien sûr ds la mesure du possible évité tout ce qui provenait de Fukushima et des préfectures périphériques). Il serait donc intéressant de savoir si les enfants les plus contaminés consomment de la nourriture essentiellement locale, de provenance diverse, de préfectures lointaines (en principe peu ou pas contaminées) ou importée.

Et sur le 3ème tableau avant la fin de page, des résultats de tests de sacs d'aspirateurs: " Les habitations sont aussi contaminées de manière significative jusqu’à Ichinoseki dans la province d’Iwaté vers le Nord ou Kashiwa dans celle de Chiba vers le Sud, située dans la banlieue Nord de Tokyo. Dans ces deux villes, connues pour être particulièrement contaminées, bien que situées à environ 200 km de la centrale, la contamination des poussières atteint presque 6 000 becquerels par kilo. Nous ne connaissons pas la date de collecte des poussières par chaque aspirateur. Au Japon, on enlève ses chaussures avant d’entrer chez soi."

Et dire qu'en Europe, les médias ne nous parlent presque plus de Fukushima(arrêt à froid qu'ils disaient).
Forcément, quand on entend(RTBF) que durant la vague de froid des 2 dernières semaines, la France a eu besoin de 30 centrales nucléaires et ce uniquement pour couvrir la consommation en chauffage éléctrique domestique et à même acheté de l'éléctricité à la Belgique.....

Rendez-vous au sinistre 1er anniversaire afin que les langues se délient(un peu)?






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Pierre
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Mar 14 Fév 2012 - 11:18

Bonjour,

http://www.japantimes.co.jp/text/eo20120214a1.html

En Biélorussie, c'était la dictature; au Japon, c'est la bureaucratie. Les résultats sont pour l'instant les mêmes...

PG
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jsp
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 25 Fév 2012 - 20:49

http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20120225p2g00m0dm014000c.html

Overwork death recognized for worker at Fukushima plant
The death last May of a man who had engaged in work at the Fukushima Daiichi nuclear power plant after the nuclear crisis erupted there in March was recognized Friday as caused by overwork, according to a lawyer representing the man's bereaved family.
A local labor standards inspection office in Yokohama, acting on a workers' compensation claim by the family of Nobukatsu Osumi, who died of a heart attack at age 60, determined that his cardiac infarction was caused by excessive physical and mental burdens arising from working overnight wearing protective gear and mask, lawyer Akio Ohashi said.
It is the first time the death of a worker involving the crisis, triggered by the March 11 earthquake and tsunami, was recognized as caused by overwork, according to the Health, Labor and Welfare Ministry.

décès par défaillance cardiaque en mai 2011, reconnue comme provoquée par le surmenage physique et mental dans le travail
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jsp
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 25 Fév 2012 - 21:01

http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20120225p2a00m0na008000c.html
When the Great East Japan Earthquake hit, he evacuated from his home, which was around one kilometer from the port, to an elementary school around 400 meters away, together with seven other family members.
The first floor of the school was flooded by the tsunami, and for two days Fumiyuki was without food. Wrapped in a curtain from a classroom, he lay shivering on newspapers and cardboard. From the third day supplies finally began to arrive, but a severe cough he had developed would not go away. In April Fumiyuki was taken to a hospital and diagnosed with pneumonia.
However, the hospital was overflowing with more severe patients. Fumiyuki was urged to leave after a one-week stay, told that if he used an artificial respirator he would be alright. On April 28, Fumiyuki left an evacuation shelter he was staying at and entered a rented home. His legs had weakened, so Nobuko went to the city office to rent a wheelchair, but she was turned down. Instead, a private support organization for the disabled learned of the Kimuras' plight and gave them clothes, bedding and a wheelchair.
In May he applied for care assistance, but a reply of whether he had been accepted, which normally would come within a month, did not arrive. Meanwhile, his cancer spread to his entire body, and on July 1, while heading to the bathroom, he collapsed and was unable to stand back up. He shouted for help and was transported to a hospital.
On July 8, Fumiyuki passed away. Three days later, on July 11, Nobuko received a telephone call from the city. "Your husband has been approved for care," said the person on the other end. Nobuko struggled to speak as she responded, "He's already dead."

As of Feb. 22, there were 2,763 deaths related to the March 11 disasters confirmed in Ishinomaki. Applications for care services spiked after the disaster, but as the association that performed the screenings had its building flooded, application procedures came to a halt. Screenings began again in June, but processing of the piled up applications did not proceed smoothly, which led to the delay.

un sexagénaire atteint de cancer, transbahuté après le tsunami,(on avait pu le couvrir avec un rideau, il a manqué de nourriture pendant 2 jours) puis aidé par une organisation privée, avait demandé une aide pour les soins (care assistance), mais la pagaille des services officiels (bureaux inondés etc) a retardé la réponse de 2 mois... le patient est décédé entre-temps.
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KLOUG
Fakir
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Lun 27 Fév 2012 - 8:22

Bonjour

Un article de Japon today relayer par une dépêche AFP.

Certaines zones autour de Fukushima seront "définitivement" interdites d'après le gouvernement Japonais
http://www.japantoday.com/category/national/view/areas-near-nuclear-plant-may-be-unlivable-forever-govt-says
et Depeche 2012 AFP

Le gouvernement Japonais vendredi a déclaré le 24 février que quelques zones entourant la centrale nucléaire Fukushima qui a été détruite l'année dernière par un tsunami, resteront de manière permanente. Les mesures prises entre novembre et janvier confirment les résultats précédents qui montrent un niveau moyen dans certaines zones de radioactivité de 470 millisierverts par an.
Dans des conditions normales, le niveau de dose est inférieur à 1 mSv par an.
Les mesures les plus élevées ont été prises dans la ville de Futaba, au nord-ouest de l'usine détruite le 11 mars. La contamination ne s'est pas cependant étendue de manière homogène sur toute la ville.
Le gouvernement a interdit l'accès à une zone de 20 kilomètres, mais cette dernière pourrait être redéfinie en fonction des niveaux de contamination radioactive. On s'attend dans les prochaines semaines à un rapport final rédigé par le ministère de l'Environnement.
Ce dernier devrait déclarer interdit à l'habitation humaine n'importe quelle zone où la contamination délivre des doses de plus de 50 millisieverts par an.

KLOUG

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Pierre
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Ven 16 Mar 2012 - 22:03

Bonsoir,

pas de participation de ma part ces derniers temps, pour la bonne raison qu'il n'y a rien à dire; une chape de plomb impressionnante a recouvert jusqu'au 1er anniversaire du tsunami, finalement très peu et très discrètement commémoré -et je suis peut-être parano, mais je suis persuadé que c'est dû à Fukushima.

A signaler néanmoins un effort concerté de négation de tout risque sur la santé humaine, mené depuis une quinzaine de jours par deux individus que je recommande particulièrement à votre vigilance;
- John Boice, professeur de Médecine nucléaire à l'Université Vanderbilt,et l'un des "experts", disons, un peu imprudents dans leur gestion d'éventuels conflits d'intérêt, cités dans “Secret Ties to Industry and Conflicting Interests in Cancer Research,” by Hardell L, et al., Am J Ind Med 2007;50:227-233
- Robert Gale, professeur invité à Imperial College London, qui a passé l'essentiel de sa carrière dans la recherche privée bio-médicale, et dont le sérieux est illustré par l'incident relaté en p4 du lien suivant:
http://www.scribd.com/doc/16289475/The-Ukrainian-Weekly-199125
Sous le titre: jersey City Councilman conducts workshop in Kiev

La tranquille certitude avec laquelle ces deux experts-sic affirment que les risques sont nuls, en l'absence des informations de base sur l'exposition des populations et alors que l'accident s'est produit il y a tout juste un an, suffit à les disqualifier à mes yeux; il me semble que des scientifiques sérieux commenceraient par dire qu'à ce stade personne ne sait vraiment ce qui va se passer.

Mais ils se répandent absolument partout, en mission commandée (Googlez health impact Fukushima pour les 8 derniers jours, et l'intégralité de la 1e page est occupée par leurs déclarations), donc je préviens: vous pouvez sauter sans remord tout article qui s'appuie sur lesdites déclarations, et Dieu sait qu'il y en a!

Bon, je continue la veille -mais ne vois rien venir d'intéressant pour l'instant...

PG
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DoubleXV
Curieux
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 17 Mar 2012 - 0:18

Bonsoir,
petit nouveau sur ce site et je vais tous de suite commencer par une question qui m'est apparue évidente lors de la lecture de ce lien présent sur votre site http://www.rpcirkus.org/actualites/actualites-nucleaire/1015-fukushima--un-an-apres
avec ce paragraphe qui me parait surréaliste :

"Abordons un sujet tabou dans les médias ! Pour l’instant, ces accidents n’ont provoqué aucun décès dû à l’irradiation ou la contamination radioactive. Seize techniciens ont toutefois reçu des doses qui sont susceptibles de déclencher un cancer dans les décennies qui viennent Quant aux populations concernées, les doses maximales reçues sont trop faibles, fort heureusement, pour qu’il y ait une conséquence quelconque sur le plan de la santé. Il n’y a aucune raison sanitaire pour empêcher les populations japonaises de réintégrer leurs territoires dès lors que l’excès de dose d’irradiation constaté (25 mSv/an au maximum) est inférieur d’un facteur 10 aux doses naturelles mesurées dans certaines régions du globe où vivent sans problème des populations depuis des siècles (certaines zones au Brésil ou en Inde atteignent 260 mSv/an)."

Donc cela voudrait dire que les populations de Fukushima et voir même du Japon n'ont rien à craindre concernant cette catastrophe nucléaire ?
Merci pour vos éclaircissements et très bonne soirée.
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Pierre
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 17 Mar 2012 - 14:43

Bon, je me lance pour essayer de répondre : pas pro de la radioprotection mais j’ai beaucoup lu ces derniers mois, on va voir si j’ai bien retenu. Corrections bienvenues…

Deux problèmes différents

a) la santé des employés Tepco à proximité de la centrale. Mal évaluée quantitativement, et pas du tout évaluée pour plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’intervenants « perdus ». Tepco est une compagnie particulièrement critiquable sur le plan de la protection des sous-traitants, en partie gérés par la mafia japonaise, et exploités à un point rare dans les pays développés.

La première partie de l’affirmation (« aucun décès dû à l’irradiation ou à la contamination ») est donc déjà IMHO très imprudente. Plusieurs employés sont bel et bien morts dans les mois qui viennent de s’écouler, mais on peut compter sur Tepco pour tout faire pour qu’aucun lien n’apparaisse avec leur activité professionnelle, si le lien existait. Dans la mesure où Tepco est un Etat dans l’Etat complètement hors de contrôle, et où l’Etat japonais, ou ce qu’il en reste, s’est montré incapable de reprendre la main, tout ce qu’on peut dire c’est que s’il y a des morts directs, on le saura peu, ou pas du tout, mais il est fort possible qu’il y en ait déjà eu –je suis agnostique là-dessus.

A noter aussi que le directeur de la centrale au moment de l’accident est hospitalisé, sans que l’on ait dit pourquoi ; et aucune information n’a filtré sur le devenir médical des « 50 de Fukushima », ces quelques dizaines d’employés qui sont restés sur site au moment des explosions.

b) l’exposition des populations locales. Là, c’est une toute autre histoire. D’abord, l’exposition n’est pas la même : plus basse ponctuellement, plus durable, et combinant risques externes (exposition externe à la radioactivité ambiante) et internes (contamination par ingestion ou inhalation de particules). Des environnements avec des bruits de fond de radioactivité naturelle de plusieurs dizaines de mSv par an existent, c’est vrai ; mais cela correspond au maximum absolu à 30µSv d’exposition externe/h, et il est très rare d’atteindre ce chiffre, qui est la limite supérieure d’exposition naturelle connue dans le monde. Aux alentours de Fukushima, plusieurs centaines de milliers de personnes sont exposées à un niveau relativement élevé de radioactivité ambiante (> 1µSv/h, donc 8 à 10 mSv/an), PLUS des « hot spots » qui peuvent localement atteindre plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de µSv/heure, PLUS un certain degré de contamination interne par ingestion ou inhalation de particules radioactives (césium en particulier, mais pas seulement).

Il y a depuis des années une bagarre violente autour des risques induits par des expositions durables à ces doses dites « basses ». Il s’agit d’effets stochastiques : la même dose peut provoquer un cancer chez quelqu’un, et rien du tout chez quelqu’un d’autre, et l’absence de déterminisme fait que seule l’observation statistique peut révéler un effet prouvable. Ce qui pose un gros problème, dans la mesure où cette observation est coûteuse, difficile, et ouverte aux pressions. Les suites de Chernobyl n’ont jamais pu être correctement analysées (et je dis ça sans du tout prendre position sur ce que ces suites étaient réellement) : la Biélorussie en particulier, une dictature post-para-communiste d’une rare brutalité, a interdit délibérément toute mesure médicale du problème pendant des années. Un seul type particulier de cancer spécifique de la thyroïde chez l'enfant a été diagnostiqué avec certitude comme suite de Chernobyl, entre autres parce qu'il était soignable.. et soigné avec une aide occidentale.

Enfin, ajoutant au bruit de fond, et là je ne parle pas de radioactivité, tout un tas de scientifiques-sic affirment avec une certitude totale des tas de choses sans avoir la moindre base sur laquelle s’appuyer. Il y a les antinucléaires qui soutiennent qu’un noyau suffit pour provoquer un cancer, ce qui me semble factuellement exagéré. Mais statistiquement, pour d'évidentes raisons de moyens, les « scientifiques » pro-nucléaires à tout crin sont plus nombreux, en tout cas sur internet. Tous ne sont pas malhonnêtes, mais tous ceux que j’ai lus sont persuadés mordicus d’avoir raison en dépit de l’absence de données précises sur ce dont ils parlent.

Hors Chernobyl, mal utilisable pour les raisons évoquées plus haut, le seul autre cas d’exposition massive d’une population était Hiroshima/Nagasaki ; mais là encore le contexte (immédiat après-guerre, pays en ruine, et autorités pas franchement débordantes de sympathie à l’égard de victimes que tout le monde voulait plus ou moins cacher sous le tapis) ont rendu très compliquées les études sur la question -et en plus il s'agissait surtout d'exposition ponctuelle, pas de pollution durable. Ce sont de ces études que vient la limite généralement admise de 100 mSv d’exposition ponctuelle comme maximum au-delà duquel il y a à coup sûr des effets néfastes sur la santé. Quand à la radioactivité ambiante, je ne sais pas d’où sort le 25mSv/an évoqué : jusqu’à présent les normes dont j'ai entendu parler étaient plutôt de 1 à 5 mSv/an en plus de la radioactivité naturelle, grand max.

Fukushima pourrait représenter un test grandeur nature très concluant (quoique déontologiquement et moralement scandaleux, je me hâte de le préciser!) sur l’exposition de long terme –sauf que des signes de sabotages sont bel et bien apparus, ce qui je dois dire me laisse baba dans un pays industrialisé et démocratique, au moins en principe. Déjà que les cobayes de l’affaire le sont à leur corps défendant... Le principal responsable sanitaire de la région est un dénommé Shunichi Yamashita, auteur de déclarations sur l’innocuité totale de l’irradiation quasiment en toutes circonstances qui auraient dû le disqualifier absolument pour ce genre de poste ; les autorités locales ne sont absolument pas soutenues par le gouvernement japonais, qui a tout l’air de vouloir ne rien soigner du tout ; et l’absence de mesure globale précise et systématique de l’exposition des populations depuis le début est également surprenante (les gens qui citent des chiffres en disant 8000 personnes exposées à tant, dont 10 à tant, reprennent des mesures ponctuelles et partielles faites au début de l’évacuation qui n’ont strictement rien à voir avec des mesures complètes et systématiques de l’exposition ; pour le dire brutalement, ils mentent).

Et la mesure d’une exposition n’a rien de simple de toute façon ; là je suis d’une incompétence totale, mais ce que j’en ai lu de nos amis Klowns, Kloug, Baldaquin, Klax et al., démontre que ça demande un doigté certain et du matos lourd.

De toute façon toutes les courbes dérivées de Chernobyl comme des bombes japonaises impliquent une montée des cancers et autres, si et quand il y en a une, qui devient nette au moins 2 ou 3 ans après l’exposition, et même plutôt 5 ans si je me souviens bien. D’où ma position : toute personne qui affirme sa certitude qu’il n’y aura pas d’effets de Fukushima sur la santé des populations locales à la date d’aujourd’hui, en l’absence d’une cartographie précise de l’exposition de la population et d’un suivi médical sérieux, soit est d’une ignorance crasse, soit est malhonnête. Sans être médecin moi-même (mais j’ai une teinture de statisticien) je suis certain que la réponse correcte est : on ne sait pas s’il y aura des effets ou non, et on ne le saura pas avant un certain temps, au mieux quelques années, et ce sera de toute façon compliqué à calculer. Compte tenu de l’ampleur de la contamination, si impact sur la santé il y a il sera quand même sans doute visible quels que soient les efforts pour le dissimuler ; ce qui signifie que si d’ici 5 à 10 ans les taux de mortalité cancéreuse japonais n'ont pas augmenté de manière significative, il faudra revoir à la baisse les dangers de l’exposition aux radiations.

Tout ça est abondamment documenté sur les liens du forum ; c’est malheureusement souvent en anglais. Quelques propositions de liens ci-après :

Sur les employés Tepco, la gestion Tepco et les doses auxquelles les employés font face, qui sont tout sauf basses :
http://www.theatlanticwire.com/global/2011/12/yakuza-and-nuclear-mafia-nationalization-looms-tepco/46803/
http://www.japantimes.co.jp/text/nn20120123a5.html
http://ex-skf.blogspot.com/2012/02/tepco-decontaminates-parking-lot-of.html
http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/news/20120206p2a00m0na013000c.html

Sur l’exposition des populations
http://www.rpcirkus.org/documentation/environnement-public/754-radiation-risk-after-fukushima
http://ex-skf.blogspot.com/2012/02/over-1-million-bqkg-of-radioactive_15.html
http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0027761
Commenté p. 37 du présent fil ; la seule étude médicale que je connaisse pour l’instant sur l’exposition des populations.

Sur le contrôle sanitaire des populations, ou l’absence thereof :
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T111229004020.htm
http://www.yomiuri.co.jp/dy/national/T120128003369.htm
http://www.japantimes.co.jp/text/eo20120214a1.html

http://ex-skf.blogspot.com/2012/01/1117-children-over-30-of-3739-tested.html
(seule étude réelle pour l’instant, bien trop tôt bien sûr ; résultats à suivre... dans 5 ans!)

Sans oublier les synthèses du RPC
http://www.rpcirkus.org/component/docman/doc_download/392-point-accident-fuku-janvier-2012
http://www.rpcirkus.org/component/docman/doc_download/350-synthese-fukushima-juillet-2011

Et également le rapport de la commission d’enquête parlementaire, la première à appeler un chat un chat !
http://rebuildjpn.org/en

Bonne lecture !

PG
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Pierre
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 17 Mar 2012 - 15:10

Supplément, pour les morts possibles chez les employés de Fukushima:

http://fukushima.over-blog.fr/article-les-premiers-morts-dus-a-la-catastrophe-de-fukushima-72115727.html

Evidemment, il n'y a pas de preuves, pour aucun des cas cités. Mais des preuves, personne n'en cherche chez Tepco ou dans les services médicaux japonais, il ne risque donc pas d'y en avoir...

PG
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KLOUG
Fakir
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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 17 Mar 2012 - 17:23

Bonsoir
Trois mots à dire à Pierre : UN GRAND BRAVO
Pour quelqu'un qui était néophyte tu as brossé un tableau très juste de la situation.
Avant de dire que Fukushima n'aura pas d'impact du aux rayonnements ionisants au niveau et des intervenants et de la population, il convient d'être très prudent.
On oublie trop souvent et trop facilement tous les autres impacts que ceux dus aux rayonnements ionisants de manière directe.
On a maintenant quelques données sur les liquidateurs qui se sont suicidés après Tchernobyl.

KLOUG

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MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Sam 17 Mar 2012 - 19:10

bravo tous , pierre , kloug et les autres
je viens de lire un livre sur l'histoire du Japon
http://www.editions-perrin.fr/fiche.php?F_ean13=9782262022464
gros pavé dense, j'ai mis 3 mois à le lire en entier, mais si vous pouvez le dégotter dans une bibliothèque, la lecture des derniers chapitres (mettons de 1900 à nos jours) est éclairante pour la vision des derniers événements study
http://www.boojum-mag.net/f/index.php?sp=liv&livre_id=2176
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danzen
Phénomène de foire
Phénomène de foire



MessageSujet: Re: Impact sanitaire   Dim 18 Mar 2012 - 12:46

Bonjour à tous,
je profite de la réactivation de ce sujet pour vous poser une question qui me travaille depuis quelques jours.

En ce qui concerne les études d'impact des faible doses, on cite toujours Hiroshima/Nagazaki et Chernobyl. Pourtant, dans les reportages que l'on peut voir, sur les déchets nucléaires, ou sur les essais atomiques, les journalistes sous entendent souvent que des études ont été faites à grande échelle par les soviétiques. Après les essais nucléaires en atmosphère au Kazakhstan (près de 500 bombes explosées, de mémoire), ou après l'accident de Kychtym en Sibérie.

Avez vous déjà entendu parlé de ces zone, de données les concernant? A propos de Kychtym, il y a un peu de littérature scientifique, mais surtout à propos des animaux officiellement (je cite les reportages/articles que j'ai consulté, je n'ai jamais vu ces articles personnellement).

Merci d'avance!
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Impact sanitaire

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