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 Relations entre l'Etat et TEPCO

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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mar 26 Avr 2011 - 22:47

Bonsoir à tous,
je reprends le collier, après une semaine au vert (ah ces fonctionnaires feignants Very Happy) , et me permet de vous faire suivre ces infos, qui confirment ce que je soupçonnais depuis quelques temps sur les rapports entre le gouvernement japonais et Tepco (et au passage ça me permet de répondre à une remarque de mon homonyme Berger...):

en langage général
http://www.japantoday.com/category/national/view/govt-to-help-tepco-pay-for-damages-if-survival-at-risk
et pour les détails techniques
http://e.nikkei.com/e/fr/tnks/Nni20110421D20JFA10.htm
et
http://www.asianewsnet.net/home/news.php?id=18079

pour traduire, tout le monde ne parlant pas le boursier:

- le gouvernement japonais a décidé de ne pas faire jouer une clause de sauvegarde dans la loi japonaise régissant les opérateurs du nucléaire, clause qui précise spécifiquement qu'en cas de catastrophe naturelle exceptionnelle les compensations restent à la charge du gouvernement.
- ledit gouvernement est cependant décidé à sauvegarder la santé financière de Tepco comme compagnie indépendante, et va donc mettre en place un organisme du type de celui qui a géré la dette du Crédit Lyonnais, le CDR pour ceux qui s'en souviennent.

Je pense que la communauté RPC a tout intérêt à commencer à réfléchir à ce genre de questions, parce qu'elle est très directement concernée à mon avis.

Je m'explique. Pour commencer par le commencement, la clause de sauvegarde était prévue pour protéger les opérateurs privés contre des événements exceptionnels, et elle n'est pas appliquée. Pourquoi? Je n'en sais rien, mais je soupçonne qu'une partie du problème est que la clause était rédigée de façon à exonérer totalement l'opérateur de toute responsabilité dans la gestion des compensations, et du coup aussi par implication dans la gestion des suites de l'accident, sans doute à la plus grande satisfaction desdits opérateurs, que ça m'étonnerait pas autrement qu'ils aient tenu la plume. Sauf que l'Etat japonais, mis au pied du mur, a refusé le bébé, peut-être pour des raisons politiques, mais sans doute aussi pour des raisons bêtement pratiques: peut-être bien qu'il est incapable de le gérer!

La leçon ici, c'est qu'un système qui subordonne trop l'action de l'Etat aux intérêts de l'industrie privée nucléaire est doublement dangereux.
Dangereux d'abord parce que l'Etat en question prend l'habitude de ne pas s'en mêler, et se trouve du coup incapable de faire face le jour où même l'opérateur voudrait le voir intervenir. Avec un Etat plus interventionniste, la clause de sauvegarde aurait été moins favorable et aurait laissé la porte ouverte à d'éventuelles sanctions compensatoires permettant de ne pas laisser Tepco libre de tout engagement, et donc la clause aurait pu être appliquée plus facilement, d'autant que les capacités de l'administration à réagir en-dehors de Tepco auraient été plus importantes, et il y aurait eu moins d'hésitation à prendre le contrôle dès le début, envoyer l'armée, etc.
Dangereux ensuite, et ça on le savait déjà, parce qu'en abdiquant une partie au moins de sa fonction de contrôle, l'Etat affaiblit gravement l'incitation à la sécurité. C'est comme pour les banques, si on ne risque rien en cas de bêtise, rien n'incite à ne pas faire de bêtise. Et Dieu sait que Tepco a fait des bêtises!

Deuxio, l'Etat refuse de remettre en cause le statut d'entreprise privée de Tepco, et veut que celle-ci continue comme avant. Bon, là ça n'est pas propre au nucléaire, c'est une évolution globale qui touche les banques (bis), les firmes automobiles, etc. "Too big to fail"... Mais à partir du moment où les procédures permettant vraiment au gouvernement de se substituer à l'opérateur en cas de gros pépin ne sont pas en place, une telle décision revient à faire virer le Titanic droit sur l'iceberg en appuyant sur le champignon. On ne peut pas à la fois permettre aux opérateurs de s'exonérer des risques dans certaines circonstances en les faisant échapper de par la loi aux éventuelles sanctions de marché, et en même temps vouloir que ce soit eux qui prennent en charge en toute autonomie la gestion de ces mêmes risques et de leurs suites à partir d'une structure qui continue à être soumise aux sanctions de marché. Enfin, si, on peut, mais après on peut aussi s'attendre à terminer dans le monde des Shadoks. Tepco, ainsi laissée à elle-même, réagit en grande firme: écraser le coup, limiter la dépense, filtrer au max l'information, gérer au moins cher et au plus discret. Et le gouvernement japonais, bien obligé de rester sur le banc de touche, couine et grommelle, mais dans l'impuissance la plus totale puisqu'il se refuse à se substituer à Tepco. Laurel et Hardy, en somme.

L'élément fondamental dans toute cette histoire, je trouve, c'est l'apparente absence de procédure et de moyens permettant à l'Etat japonais de se substituer rapidement, sans trop de douleur, et de sa propre initiative, à Tepco, et de tout régenter. Je ne vois qu'une explication: ces procédures et ces moyens n'existent pas. S'il s'agissait seulement d'une question de gros sous, ne pas exonérer Tepco permettait justement de la coller en faillite, avec nationalisation puis revente à la clé, ça ne coûterait probablement pas plus cher au contribuable que le plan actuel. Ou alors, c'est que le gouvernement japonais n'a qu'une idée en tête, sauvegarder l'investissement des actionnaires de Tepco et le salaire de ses cadres, et est prêt à faire crever toute l'île plutôt que d'y toucher. Mais pourquoi ne pas appliquer la clause de sauvegarde, à ce moment-là?

Pour conclure: pour faire face efficacement à une centrale nucléaire qui pète, pour ne pas parler en termes trop techniques, soit on accepte des organes étatiques à même de se substituer aux opérateurs de A à Z en pratique, en vrai et tout, ce qui revient à faire de ces organes des gros machins puissants, et de ces opérateurs des agents semi-publics étroitement subordonnés, soit on soumet ces mêmes opérateurs entièrement et totalement aux lois du marché, avec responsabilité illimitée potentielle en cas de faute, etc., de façon à les contraindre à s'organiser pour faire face efficacement le cas échéant. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, des lois qui protègent et encadrent, et une autonomie opérationnelle totale. Du moins c'est mon impression, et je suis curieux de savoir ce que le RPC en pense, à son bout du bâton à lui.

P

Un petit PS: oui, c'est vrai, le contrat d'assurance moyen exonère en cas de catastrophe naturelle. Mais c'est justement parce que la couverture moyenne obtenue via le marché normal des assurances est insuffisante pour certaines activités que celles-ci sont encadrées par l'Etat. Une industrie à hauts risques entièrement autonome vis-à-vis de l'Etat du point de vue de son environnement institutionnel et technique, c'est une chimère à mon avis. Malheureusement les inventeurs de la RGPP (à vos Google!) et autres technocrates fous de Bercy et d'ailleurs m'ont tout l'air d'avoir inventé leur propre version du beurre avec l'argent du beurre, à savoir le contrôle tout-puissant en théorie, mais largement privé de moyens en pratique. C'est pas si loin du contrôle impuissant avec peu de moyens des japonais...

Et un PPS: le raisonnement ci-dessus me conduit à grimacer quand je lis le plan EDF de réponse rapide, tout simplement parce qu'il vient d'EDF (et non, ça n'est parce que j'ai une haine particulière des ingénieurs EDF). Franchement, j'aimerais autant que ça vienne des préfectures, pas d'EDF ni d'AREVA...
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 0:48

Je pense qu'il vaudrait mieux déplacer (ou plutôt recopier avec un lien) ce post dans un nouveau sujet, parce que c'est un point de départ fort intéressant pour une discussion mais que ça déborde largement du cadre d'une simple information.

Ca m'évoque assez bien Tintin au pays des Soviets, cette affaire :
pour que tout se tienne, il faut que tout le monde ait vu de ses yeux vu les usines tourner.
Mais le jour où il faut faire plus que brûler de la paille dans des tuyaux et cogner sur des plaques de tôle...

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Niko
Homme-canon
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 9:45

Merci de ton analyse Pierre!
Si tu veut ouvrir un nouveau sujet comme te le sugere Pierre Berger ne t'en prive pas Wink
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MessageSujet: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 10:11

Bonjour,

@Pierre :

Le problème de la limitation financière de responsabilité des opérateurs en cas d'accident ne se limite pas qu'au Japon, ci-dessous quelques estimations à la louche :

- 100 Millions d'Euros en France pour le parc de 58 réacteurs soit 1000 Euros par personne pour 100.000 personnes évacuées (!)

- 35 Milliards d'Euros pour le parc de 17 réacteurs Allemands, toujours en pointe dans tous les domaines

- 375 Millions de Dollars par centrale aux États-Unis

Source Associated Press :
http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5h6m6Z-A7ZI8TAPBRy35Dlp_z8oiA

A comparer à l'estimation de 200 Milliards de Dollars du coût financier de l'accident de Tchernobyl :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/heritage-sovietique/tchernobyl.shtml

Et en n'oubliant pas de songer qu'un accident plus étendu encore est toujours possible (estimation de dégâts maximum à 8000 Milliards d'Euros) !

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Scully
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 10:18

Fait ! Wink
Chers klowns, ce débat est fort intéressant et peut susciter les passions. Je rappelle juste que le Cirkus n'a pas vocation à faire de la politique. On garde le sourire et le nez rouge !
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 10:23

Bonjour
Je vais dans le sens de Scully.
On peut en faire une analyse économique mais la politique ce n'est pas notre rayon.
KLOUG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 14:53

Merci des encouragements, je n'en demandais pas tant thanks . Juste une chose: une bonne façon d'éviter les dérapages "politiques", c'est de bien centrer le débat sur le lien entre gouvernance interne de la sécurité nucléaire, et gestion technique des inévitables interactions entre opérateurs et contrôleurs étatiques. C'était le sens de mon intervention (j'ai des idées plus générales, comme tout le monde, mais je me les garde Wink ). Et je ne reparlerai plus de Bercy, c'est promis.

Mais bon, l'idée d'ouvrir un sujet me paraît effectivement défendable, parce que les choix organisationnels (et de structuration économique, mais les deux son généralement liés) ont des conséquences très directes sur la façon de s'y prendre, en particulier en cas d'accident. Exemple, le pilotage de l'accident Fukushima via Tepco seule, produit du rapport particulier entre opérateurs et Etat au Japon, et produisant en retour certaines conséquences inévitables, entre autres une forte limitation de la circulation de l'information (attention, ce n'est pas à proprement parler un reproche, juste une constatation: une entreprise privée n'a pas à avoir le même rapport à l'information qu'un service public, c'est comme ça et c'est tout...).

Du coup le problème n'est pas tant le coût d'un accident, par exemple, que la façon de l'évaluer et de le répartir entre les différents intervenants. Là ce sont des dimensions purement économiques et légales qui entrent en jeu, mais l'économie et le droit c'est de la technique aussi, et de la technique qui peut avoir des conséquences importantes sur d'autres aspects et d'autres techniques. Par exemple, si l'Etat prend en charge l'intégralité du coût d'un accident, ça présente l'avantage d'inciter l'opérateur à être très ouvert et franc sur les problèmes, les contrôleurs à intervenir tout de suite, et l'Etat lui-même à s'outiller pour pouvoir répondre, puisqu'il y a intérêt. Mais ça présente l'inconvénient de ne pas inciter les opérateurs à être aussi pointilleux sur la sécurité qu'ils le devraient, et ça impose donc de mettre en place des procédures compensant cette absence d'incitation de marché; et en plus c'est compliqué dans un cadre légal comme celui actuel en Europe, dominé par le souhait de faire de la libre concurrence l'instance de contrôle essentielle en tous domaines.

Bon, j'arrête: en tout cas s'il y a un REX (c'est comme ça qu'on dit?) à tirer de Fukushima, c'est que la solution japonaise (bureaucratie faible et divisée, opérateurs très autonomes) n'est pas satisfaisante.

PG

PS: en bonus, un organigramme dégotté dans un pdf (et que je voulais mettre dans le post mais j'ai pas encore compris comment faire...). L'organigramme en question traite uniquement de la gestion des déchets; je n'ai pas réussi à trouver l'équivalent pour la sécurité... Vous remarquerez aussi que la plupart de ces organismes n'ont pas de site internet accessible.

https://i23.servimg.com/u/f23/16/43/16/56/numo_t10.jpg

Je me demande si l'organigramme du système français aurait cette tête-là.

Le lien où j'ai trouvé ça, via google (bureaucrates de tous les pays, apprenez à ne pas laisser traîner vos affaires!):
http://www.numo.or.jp/en/publications/main.html
J'ai pris le 2e rapport un peu au hasard...
PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 19:50

C'est sûr que faire des réflexions politiques sur ce sujet me démange, mais bon, je vais essayer de rester sage.

Ce que je me demande, c'est où on en est du chiffrage de l'opération prévue par Tepco, ainsi que des mesures prises par le gouvernement japonais.

Pour être franc je trouve que la solution Tepco à l'air assez bon marché : pas de gros chantier en dehors de l'usine de décontamination d'Areva.
Ca me semble bien modeste face au coût de déplacement des populations, sans parler de la perte nette de territoire. Tout ça étant, si j'ai bien compris, pris en charge par l'Etat.
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Scully
Contorsionniste
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mer 27 Avr 2011 - 20:50

Pierre Berger a écrit:
C'est sûr que faire des réflexions politiques sur ce sujet me démange, mais bon, je vais essayer de rester sage.

Merci
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Jeu 28 Avr 2011 - 22:26

Bonsoir à tous

Je continue à chercher des données financières suite à la question de PB, mais il va visiblement falloir que j'apprenne le japonais. Ca risque de pas être fait d'ici ce week-end, chuis vraiment nul Embarassed .

En attendant, un article du NY Times, référencé sur le blog de Dominique Leglu (oui, je sais...); je suis pas tout-à-fait seul à penser que le problème avec Fukushima dépasse la RP, et met en jeu la gouvernance, apparemment...

http://www.nytimes.com/2011/04/27/world/asia/27collusion.html?_r=1&nl=todaysheadlines&emc=tha2

Bonne soirée à tous

P
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Sam 30 Avr 2011 - 2:07

Bonsoir à tous,

un peu de veille économique:

http://mdn.mainichi.jp/mdnnews/national/news/20110429p2a00m0na008000c.html

et un rapport de la BNP qui ne semble pas confidentiel et traîne sur Google; il est un peu vieux mais fait le point p. 4 sur la réglementation actuelle (le reste est déjà dépassé: la notation de Tepco a continué à baisser, par exemple).

http://cib.bnpparibas.com/file?q=MS&i=090128b380107d06&download=yes

pour ceux qui ne parlent pas l'anglais, je résume: c'est la pagaille. Tepco essaye d'invoquer la clause de sauvegarde "catastrophe naturelle extrême", qui théoriquement impliquerait que seul le gouvernement paye, ou à défaut d'invoquer l'assurance lui permettant d'échapper au premier milliard d'euros (120 milliards de yens) de versement, théoriquement pris en charge par l'Etat au titre de cette assurance -sauf que je n'ai pas réussi à déterminer si Tepco avait signé la convention correspondante, non obligatoire jusqu'à récemment.

Les estimations du total des compensations exigibles varient de 20 à 80 milliards (je répète, milliards) d'euros suivant la durée de la crise. On comprend que le gouvernement renâcle, malgré l'étroitesse de ses liens avec les opérateurs...

Voilà. L'ambiance générale, plus hostile à Tepco qu'on aurait pu le croire, confirme que si le gouvernement japonais ne supplante pas celle-ci comme organisateur de la réponse à la crise, ce n'est pas pour ne pas lui faire de peine, mais parce qu'il n'en a pas les moyens techniques (à moins que ce soit pour des questions de responsabilité légale qu'il ne veut pas endosser, comme je l'avais d'abord pensé -mais je n'ai vu cela nulle part). Et à mon sens c'est bien dommage qu'il ne les ait pas, ces moyens; sans être exagérément étatiste (pas de politique, on a dit), un gouvernement qui fonctionne, des fois, c'est bien utile.

P

PS désolé, toujours aucun détail sur le coût actuel des opérations de réparation... Je continue à chercher.

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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Lun 16 Mai 2011 - 2:38

Bonsoir à tous,

je ne sais pas si tout le monde a vu ça vendredi, vu que c'est plutôt la cuve n°1 qui faisait la une, mais ça y est, le plan de compensation est sorti: un bon résumé ici
http://online.wsj.com/article/BT-CO-20110512-722269.html
et en français ici
http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRLDE74C00820110513

facture prévue, de 25 à 40 milliards d'euros; le système du fonds de compensation est confirmé (pour ceux qui n'étaient pas là pour l'épisode précédent, le fonds en question est un organisme para-public de type Consortium de Réalisation pour le Crédit Lyonnais, organisme garanti par l'Etat qui y injecte des fonds, et que Tepco rembourse ensuite petit à petit). L"Etat s'engage à éviter la faillite de Tepco en injectant autant de fonds que nécessaire. Et Tepco s'engage à rembourser, et a finalement accepté le principe d'une responsabilité illimitée -je pense que c'était ça ou la nationalisation, dont personne ne voulait, les gens de Tepco parce qu'ils espèrent continuer à gagner de l'argent, et le gouvernement parce qu'il n'a pas les moyens techniques de se substituer à Tepco.

Un comité est censé surveiller les opérations financières par lesquelles Tepco dégagera les fonds nécessaires. S'il fait de l'aussi bon travail que les organismes chargés de la sécurité nucléaire au Japon, ça promet Suspect

A noter qu'une bataille politique est en cours pour savoir si le gouvernement japonais demandera aux banques d'annuler tout ou partie des dettes de Tepco. Vendredi le porte-parole du gouvernement avait évoqué cette possibilité, mais les actions des banques ont immédiatement plongé, et hier dimanche le gouvernement faisait machine arrière. Plus généralement les marchés ont réagi négativement au plan: la garantie du maintien de Tepco n'a pas grand sens à partir du moment où les compensations prévisibles sont illimitées, et où à partir d'un certain moment Tepco ne peut plus rembourser.

Reuters indique aussi que Tepco a emprunté 23 milliards $ aux banques depuis le début de la crise. Sûrement pas pour le chantier de Fukushima, que je n'arrive toujours pas à le chiffrer...

Last but not least, voici la première indication que j'aie pu trouver d'une véritabe mobilisation gouvernementale sur Fukushima:
http://www.asahi.com/english/TKY201105140158.html
C'est tout neuf, ça vient de sortir. Mon interprétation est que jusqu'à la semaine dernière, le gouvernement japonais espérait que Tepco s'en sortirait, et laissait les autorité locales se débrouiller (à leur grande fureur). Je ne sais pas si c'est l'ampleur des dégâts, révélés ces dernières heures, ou autre chose, mais on a comme l'impression que ce coup-ci le officiels japonais envisagent de prendre au moins certaines choses en main, et ont même commencé à travailler en ce sens: plan dévacuation et de gestion des déplacés, suivi médical... Espérons que l'annonce d'un suivi médical n'est pas du pipeau, au moins ce désastre servirait à quelque chose...

PG

PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Lun 16 Mai 2011 - 14:14

Bonjour
Merci Pierre pour cette analyse éco.
Très difficile à chiffrer le chantier Fukushima surtout si on se projette dans l'avenir avec le post accidentel à la clé et les indemnisations (y'en aura-t-il ?) des "victimes".
Je crois qu'il serait temps que l'état s'y mette car comme je le crois nous entrons dans une deuxième phase de l'accident avec ce qui se passe sur les réacteurs 1 et 3.
KLOUG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Lun 16 Mai 2011 - 22:35

@Kloug De rien, j'avais promis... et ça m'intéresse!

Une précision: ce que j'essaie vainement de chiffrer; c'est le coût du chantier actuel. Le coût global de l'accident est inchiffrable pour l'instant, d'abord parce que l'accident n'est pas terminé, et que son bilan ne peut pas être établi, ensuite et surtout parce que beaucoup dépendra du débat politique japonais là-dessus, et du degré auquel l'hostilité d'au moins une partie de la population à Tepco parviendra à l'orienter -ou non. Les évaluations varient de 25 à 110 milliards d'euros, mais tout ça c'est du doigt mouillé...

Pour le chantier en revanche, ça serait intéressant de savoir quels moyens y sont mis. Il y a environ 1000 intervenants, et là il faut craindre le pire: comme toutes les grosses boîtes japonaises, Tepco est en réalité une entreprise à deux vitesses, avec une structure de "salarymen" qualifiée, bien payée et très protégée, et des sous-traitants miséreux payés au lance-pierre -ce sont ces derniers que les cadres de Tepco ne jugeaient pas utile d'équiper en dosimètres personnels. Le degré de mépris des cadres et ingénieurs pour les petites mains est difficilement imaginable...

Du coup le coût principal du chantier c'est le matériel -barges géantes, camions pompes, robots américains, bientôt si j'ai bien compris usine de retraitement Areva (qui va la faire tourner, d'ailleurs?), etc., avec peut-être les équipes d'ingénieurs essayant de modéliser le chaos, et il doit aussi y avoir des ouvriers capables d'utiliser les équipements high-tech, mais je ne sais pas d'où ils viennent. A vue de nez et de l'extérieur je trouve que ça reste très sous-dimensionné, mais je n'ai absolument rien lu là-dessus nulle part. De toute façon, tant que Tepco restera la principale instance en charge de traiter l'usine, on ne pourra pas savoir grand-chose de précis (et ça vaut aussi pour la contamination). Le malheur est que pas plus aujourd'hui qu'il y a trois semaines, le gouvernement japonais n'a les capacités nécessaires pour prendre en main tout cela, ni même la volonté... Bon, je préfère arrêter, ça finirait par me rendre grossier!

PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Lun 16 Mai 2011 - 22:51

Un ptit PS: Standard & Poor et Moody's ont tous deux abaissés la note de Tepco; pour la dernière agence sa dette de long terme est maintenant à Baa3, un cran au-dessus du "junk bond" (obligation spéculative à haut risque: http://fr.wikipedia.org/wiki/Moody's)
Ceci va peser encore plus sur la capacité de financement de Tepco, qui va voir les taux d'intérêt qui lui sont proposés s'envoler. La gestion financière de cette affaire est à peine plus rassurante que la gestion RP, je trouve, et d'ici que Tepco se retrouve en crise de liquidités il n'y a pas des kilomètres!

PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Lun 16 Mai 2011 - 23:01

Bon c'est le dernier, c'est promis. Juste une confirmation extérieure (et qualifiée) de tout cela.

http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703509104576326560520105604.html

Au passage, il est fort possible que ces limites sur les moyens financiers soient aussi des limites sur les moyens mis dans le chantier...

PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Lun 23 Mai 2011 - 22:57

Bonsoir à tous

Veille économique, suite:

http://www.bloomberg.com/news/2011-05-23/tepco-picks-36-year-insider-to-salvage-reactors-fix-culture-of-complicity.html

et

http://www.reuters.com/article/2011/05/23/us-japan-tepco-idUSTRE74L05U20110523
excellent article que je vous résume ci-après

Comme vous le savez sûrement, Tepco a annoncé la plus grosse perte annuelle de grande entreprise industrielle jamais enregistrée au Japon (10 milliards d'euros pour cette année, sans préjudice de la suite -ceci dit des banques ont fait mieux), a viré ses deux principaux dirigeants... et les a remplacé par un guignol d'identique modèle, qui va continuer exactement la même politique. Vous avez dit "evil empire"?

Le plan de sauvetage d'il y a 15 jours visait à protéger les actionnaires et créditeurs de Tepco avec l'argent de l'Etat japonais: la garantie explicite de l'Etat empêcherait Tepco de faire faillite, mais Tepco était contrainte d'au moins participer aux remboursements tant qu'ils dureraient. Eviter la banqueroute et la nationalisation faisait plaisir entre autres à Sumimoto Mitsui (3e banque japonaise...), qui détient une bonne partie de la dette Tepco.

Mais l'absence de prise de contrôle étatique signifie que la gestion de la crise va continuer à être ce qu'elle est (je laisse le lecteur fournir ses propres qualificatifs impubliables). Or elle commence à être franchement insupportable, économiquement aussi puisque l'impéritie de Tepco fait grimper en flèche la facture finale, et politiquement surtout à mesure qu'une bonne partie du Japon central, Tokyo compris, commence à s'apercevoir qu'il sert de population cobaye pour un test en vraie grandeur sur les effets d'une exposition chronique à la contamination radioactive...

De plus certains officiels, y compris du MEXT, estiment que le plan de sauvetage offert à Tepco, strictement conservateur, va transformer la compagnie en "zombie", aussi incapable de se passer de l'aide publique que de se restructurer en profondeur. Les banques américaines sont furieuses, et pas mal de politiciens japonais commencent à se demander si les inconvénients ne l'emportent pas sur les avantages, même s'ils ne le disent pas trop fort (les cercles dirigeants japonais sont à peu près aussi ouverts au débat que la mafia sicilienne).

Du coup les marchés refusent platement de financer la dette de Tepco, en poussant les taux d'intérêt vers des sommets et en faisant chuter le prix de l'action (-9% aujourd'hui), et les appels à la nationalisation se multiplient. Et le débat parlementaire sur le plan de sauvetage s'annonce tout sauf calme. A suivre, mais il n'est pas évident que le réseau des "good old boys" au pouvoir au Japon depuis 1945 va pouvoir s'en sortir ce coup-là...

Dans l'intervalle, j'ai bien peut que vous n'ayez pas fini, les uns et les autres, de vous battre avec des tableaux Excel qui ne tiennent pas debout. On reste dans une perspective d'entreprise privée, communiquer d'accord, informer? Plutôt crever! Ce qui va d'ailleurs arriver à certains, non?

PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mar 24 Mai 2011 - 1:44

Merci Pierre pour cet éclairage sérieux mais qui ne se prend pas trop au sérieux.

C'est sûr que dans nos cours de nucléaires on ne nous a rien appris sur ces obscures variables, qui ne sont pas illogiques mais relèvent d'une autre logique, plus cachée, mais ont des conséquences aussi tangibles que les paramètres de régulation.
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Mar 24 Mai 2011 - 11:20

Pierre a écrit:
http://www.reuters.com/article/2011/05/23/us-japan-tepco-idUSTRE74L05U20110523
Merci Pierre, j'admire le sens théâtral de la sortie de Shimizu, il ne manquerait plus qu'un bon Seppuku (Harakiri) en tableau final.

Et bravo pour la traduction, pas évident de rester dans le ton de l'original !
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Ven 27 Mai 2011 - 18:16

Bonsoir à tous,

suite de notre série "l'entreprise privée, c'est pas top comme modèle de gouvernance en cas d'accident nucléaire", un nouvel élément qui prouve que la "corporate governance" en plus c'est contagieux, ce qui va m'amener à faire de la peine aux gens d'AREVA sur ce forum, mais qu'ils sachent que je ne leur en veux point personnellement. Adoncques, pour ceux qui lisent l'angliche::

http://ex-skf.blogspot.com/

Pour les autres (faudrait vous y mettre...):
D'après un des rares blogs en anglais que j'aie pu trouver tenu par un japonais bien informé, le contrat AREVA/TEPCO sur l'usine de traitement d'eau est en train de devenir un nouveau cauchemar pour tout le monde, gouvernement japonais compris. Tepco prétend que les clauses d'exécution du contrat sont confidentielles, ce qui est normal quand un procédé industriel nouveau et piratable est employé, par exemple, ou dans toute situation ou une entreprise estime qu'elle a plus à perdre qu'à gagner en rendant son procédé public (au passage ça ne veut pas nécessairement dire que le procédé en question implique le sacrifice de vierges et de nouveaux-nés au dieu Cthulhu). Le gouvernement japonais grimpe aux rideaux, mais il est toujours aussi coincé que la dernière fois que j'ai regardé: tant qu'il ne se substitue pas à Tepco, et il n'en a ni l'envie ni les moyens, il admet ipso facto que la gestion des résultats suivra les bonnes pratiques des entreprises privées (où l'on n'informe jamais l'extérieur, on communique toujours dans sa direction).

Résultat des courses: à ce stade, personne en-dehors de Tepco et Areva, et même pas forcément grand monde dans les deux compagnies, ne sait ce que cette usine va faire, et comment -et c'est quand même un élément assez important du plan de nettoyage. Vous me direz, qui ne veut pas que ça se sache, et pourquoi? Pas de certitudes, mais plein d'hypothèses plausibles, dont voici quelques-unes:
- Tepco sait très bien que les spécifications de l'usine ne correspondent pas à ce qu'ils ont promis qu'elle ferait, et ne veut pas que ça se sache
- C'est trop cher pour ce que c'est, et Tepco le sait mais ils n'ont pas le choix, et essayent de le cacher;
- Tepco sait très bien que l'eau "traitée" sera encore pas mal contaminée, mais ne veux pas que ça se sache, espérant être autorisée à nourrir les poissons avec;
- Areva sait très bien que tout ou partie de ce qui précède est vrai, mais ce qui les intéresse c'est de vendre l'usine, donc ils couvrent Tepco en espérant que ça permettra de conclure la vente;
- et, pour glisser vers les X Files / Conspiration bouga bouga, c'est le gouvernement japonais lui-même qui a demandé aux compagnies d'invoquer la confidentialité sur les résultats, parce qu'ils préfèrent faire crever leur population que de l'affoler. Enfin, de loin c'est l'impression que ça pourrait donner parfois.

Bon, à suivre!

P
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Ven 27 Mai 2011 - 18:26

Ah oui, en supplément, le même blog annonce un prix de 95 milliards d'euros (oui, moi aussi j'ai d'abord cru que j'avais loupé un zéro) pour l'épuration d'eau dans son ensemble: Areva demanderait 1,7 millions d'euros la tonne. Alors évidemment, pour 30.000 tonnes de flotte ça fait déjà 50 milliards. Ami boursicoteurs, achetez de l'Areva! Et pour les gens de chez Areva qui nous lisent, je me demande si c'est pas le moment d'aller la demander, cette augmentation...
P
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Ven 27 Mai 2011 - 20:10

Et comme ça change tout le temps... Nouveau prix pour le traitement de la tonne d'eau par Areva, au 27 mai à 18h GMT, c'est plus 1,7 millions d'euros, c'est 1800 euros

http://ex-skf.blogspot.com/

La vérité est, non pas ailleurs, mais kekpart entre les deux, je suppose!

PG
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Dim 29 Mai 2011 - 17:37

Bonjour à toutes et à tous,
sur l'indication de Pierre, je viens visiter ce fil d'info. Il est effectivement plus approprié de poster ce commentaire ici.
Il ne s'agit pas de prendre parti politiquement, ni même de critiquer, mais je ne pense pas que l'on puisse faire l'économie de ce regard sur les relations entre le pouvoir japonais et les opérateurs privés du nucléaire au Japon. Si l'on veut comprendre ce qui se passe là-bas et commenter l'évolution du problème nucléaire lié à l'accident, il est important de savoir comment sont, et seront, prises les décisions importantes.

J'ai de la sympathie pour les japonais, mais comme beaucoup, je connais mal leur pays. Il semble que les modalités de la vie sociale et politique soient très différentes de ce qu'elles sont chez nous. Les apprécier, et pire, les juger, en fonctions de nos propres usages serait déplacé et pas très instructif. En revanche il n'est pas interdit de les observer.
Je risque fort, dès cette ligne, de rentrer dans le subjectif. Mais si l'on veut essayer de comprendre il faut bien se lancer.
Ce qui est assez connu en europe, c'est l'attachement indéfectible des employés japonais à leur entreprise, et d'une façon plus générale, à leurs dirigeants. Ce sentiment semble pousser les japonais à une extrême abnégation. Celà implique une confiance, quasi-aveugle, en les dirigeants.

Mais ce qui me frappe le plus, et qui est peut-être moins connu, c'est l'imbrication étroite entre le pouvoir politique et l'industrie nucléaire. Des hauts-fonctionnaires ou des ministres sont souvent employés à des postes de responsabilité, par des opérateurs du nucléaire, C'est tellement fréquent que cet usage porte un nom particulier, On appelle cela au Japon "descendre du paradis". L'inverse existe également quand des cadres d'un opérateur accèdent à des fonctions publiques. On appelle celà "monter au paradis". Je pense que pour certains dirigeants actuels il s'agit plutôt d'une descente aux enfers.

Ce jeu de chaises musicales entre le nucléaire et l'état est permanent. C'est lui qui a assuré jusqu'à présent la solidité de l'édifice. Les opérateurs, comme Tepco, ne sont que très peu contrôlés par les instances de sureté nucléaire car il règne une grande confiance entre tous les interlocuteurs issus des mêmes rangs. Les enjeux économiques sont énormes et la solidarité entre tous ces dirigeants, publics ou privés, indéfectible. Ce que l'on peut craindre dans un système pareil, et c'est là que ça commence à concerner nos sujets de réflexion technique, c'est que la collusion entre état et opérateurs n'obère l'efficacité des instances de régulation telles que la NISA. La collusion la plus importante semble être celle entre les opérateurs et le ministère de l'industrie. Sachant que les intérêts des uns et des autres sont mêlés, quelles peuvent en être les incidences sur les politiques de contrôle et de sécurité? En cas d'incident, qui fait quoi? Et en référant à qui?

Ce système d'imbrication quasi-totale convient aux japonais, puisqu'ils l'ont prorogé sans état d'âme jusqu'à aujourd'hui. Il ne leur, d'ailleurs, pas trop mal réussi durant les 50 dernières années. Il montre pourtant maintenant ses limites, et les japonais risquent d'éprouver le besoin de se doter d'instances de régulation nucléaires réellement indépendantes des opérateurs. Je crois savoir qu'aux Etats-Unis, par exemple, c'est le cas.
Je pense que ce genre d'éléments de réflexion peuvent orienter notre grille de lecture en ce qui concerne les informations qui nous parviennent du Japon. Je reconnais que l'on est là bien loin des problèmes de physique nucléaire, mais il reste que ce sont les décideurs politiques qui imposent les doctrines de développement dans ce domaine. Les conditions matérielles qui nous concernent en découlent directement.

L'article suivant détaille les mécanismes de la collusion politiques/opérateurs du nucléaire, et leurs conséquences sur la situation actuelle.

newyorktimes

Il s'agit d'un article très complet du New-York times sur le lobby politoco-industriel du nucléaire au Japon.

Culture of Complicity Tied to Stricken Nuclear Plant

http://www.nytimes.com/2011/04/27/world/asia/27collusion.html


Si certains ne sont pas anglophones je peux leur rédiger un résumé de cet article.


Bonne soirée.
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MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Dim 29 Mai 2011 - 18:02

Citation :
Mais ce qui me frappe le plus, et qui est peut-être moins connu, c'est l'imbrication étroite entre le pouvoir politique et l'industrie nucléaire. Des hauts-fonctionnaires ou des ministres sont souvent employés à des postes de responsabilité, par des opérateurs du nucléaire
Je ne connais pas le Japon moi non plus mais je bosse dans le nucléaire depuis pas mal d'années, dans différents "services" ou spécialités et (peut être ne devrais je pas le dire) mais je peux dire que c'est sensiblement la même chose chez nous, de façon ouverte ou moins ouvertement !
L'imbrication de l'état dans le nucléaire et inversement est "totale" et existe à tous les niveaux. Je pense que ça doit être la même chose dans tous les pays, ne serait ce qu'en raison de l'implication du militaire dans le nucléaire.
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Scully
Contorsionniste
Contorsionniste



MessageSujet: Re: Relations entre l'Etat et TEPCO   Dim 29 Mai 2011 - 18:23

Attention à ne pas trop glisser hors du Japon et des relations économiques entre Tepco et le gouvernement.
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Relations entre l'Etat et TEPCO
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